Vingt-deux heures trente neuf. Ma tête tourne, j'ignore pourquoi.

Je revois des visages, des figures, des corps, des rires, des larmes, des nuits dépravées, des mains courtisant la mienne, un crépuscule inéffaçable, une fuite précipitée, un retour et puis... le black-out.

Dans le clair-obscur de mon désordre, j'ouvre une blonde et en allume une autre. La routine de ces derniers jours. L'impression de revenir, après avoir marché à côté de mes pompes depuis plusieurs semaines. En pagaille, une anarchie substancielle domine le terrain.

Beigbeder à écrit: la solitude force à réflechir, réflechir rend intelligent et être intelligent rend triste. Un précepte digne de Yoda auquel je viens de donner un sens personnel. Je suis taciturne, harassée, insensible, inaccessible, marmoréen.
Et aujourd'hui je voudrais être égoïste, interessé et hypocrite comme vous. Mais je ne peux pas. Asocial, marginal ? Si vous voulez, je m'en indiffére. Je n'accorde aucun crédit à vos jeux pathétiques, vos sourires hypocrites et vos attitudes conformistes.

Où me suis-je enferrer ? Je ne sais plus. Trop souvent peut-être. Mon atermoiement fût trop court.

Il est vingt-trois heures dix et je viens d'avoir 22 ans, me retrouvant moi-même, en phase de discernement post-afflictive. Et une larme s'écoule, témoignage de mon amertume.

Écrire est toujours un don de soit à autrui, un appauvrissement. -- Hafid Aggoune